Rhone Alpes

La Grande Illusion

Jean Renoir - 1937 - France -

Réalisation : Jean Renoir
Scénario et dialogues : Charles Spaak et Jean Renoir
Conseiller technique : Carl Koch
Assistant metteur en scène : Jacques Becker
Chef-opérateur : Christian Matras, assisté de Claude Renoir (second opérateur), Jean-Serge Bourgoin et Ernest Bourreaud (assistants opérateurs)
Ingénieur du son : Joseph de Bretagne
Décors : Eugène Lourié, assisté de Georges Wakhévitch
Directeur de production : Raymond Blondy
Régie générale : Pierre Blondy, assisté de Robert Rips (chef de plateau) et de Maurice Barnathan (régie extérieure)
Accessoiristes : Alexandre Laurié, Raymond Pillon
Maquillage : Raffels (Raphaël’s)
Costumes : René Decrais et Suzy Berton (habilleuse)
Scripte : Gourdji (Françoise Giroud)
Photographe de plateau : Sam Levin
Montage (1937) : Marguerite Houllé(-Renoir), assistée de Marthe Huguet
Montage (1958) : Renée Lichtig
Musique : Joseph Kosma (orchestre dirigé par Émile Vuillermoz)
Durée : 113 minutes (94 minutes dans la version de 1937).
Sortie en salles (France) : 9 juin 1937. Autres sorties nationales en 1946, 1958, 1972, 1997 et 2012.
Données techniques : Film en noir et blanc 35 mm ; format de projection : 1.33:1.
Production : Frank Rollmer, Albert Pinkévitch pour les Réalisations d’Art Cinématographique (RAC).
Distribution : Réalisations d’Art Cinématographique (1937)/Les Grands Films Classiques (1958)/Carlotta (2012).
Interprétation : Jean Gabin (Maréchal), Pierre Fresnay (Boeldieu), Marcel Dalio (Rosenthal), Erich von Stroheim (von Rauffenstein), Dita Parlo (Elsa), Julien Carette (Cartier), Gaston Modot (l’ingénieur au cadastre), Jean Dasté (l’instituteur), Carl Heil (le gardien « Arthur », puis un officier de Wintersborn), la petite Peters (Lotte), Sylvain Itkine (Demolder)…

Récompenses :Hors les nombreux classements ayant fait figurer La Grande Illusion parmi les « X » meilleurs films jamais réalisés (en France ou dans le monde)
▪         1937 : Prix du meilleur ensemble artistique à la Mostra de Venise (également nominé pour la coupe Mussolini du meilleur film étranger).
▪         1938 : Prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine (National Board of Review).
▪         1938 : Prix du meilleur film en langue étrangère décerné par la critique de New York (New York Film Critics Circle).
▪         1939 : Nomination pour le meilleur film aux Oscars.

Martin Goutte

Pendant la Première Guerre mondiale, sur le front, le lieutenant Maréchal et le capitaine de Boeldieu voient leur avion abattu par le capitaine von Rauffenstein, qui les invite à déjeuner avant qu’ils ne soient transférés dans la prison de Hallbach, en Allemagne. Ils y font la connaissance de leurs compagnons de cellule, aux grades et aux origines sociales diverses : le lieutenant Rosenthal, fils d’une famille de banquiers juifs, y fait profiter de sa générosité un ingénieur du cadastre, un truculent acteur de cabaret (Cartier) et un instituteur de province lunaire et cocu. Les nouveaux arrivants s’associent à leur projet d’évasion par un tunnel dont le creusement est déjà bien avancé. À l’occasion d’un spectacle organisé par les détenus, l’annonce de la reprise du fort de Douaumont et La Marseillaise qui s’ensuit valent à Maréchal d’être jeté au cachot. À sa sortie, alors que le tunnel vient d’être achevé, le projet d’évasion tombe à l’eau suite au transfert de tous les prisonniers…
Longtemps plus tard, nous retrouvons Maréchal et de Boeldieu lors de leur arrivée dans la forteresse de Wintersborn, où ils ont été transférés suite à de nombreuses tentatives d’évasion. Ils y retrouvent von Rauffenstein, éloigné des combats par une blessure et dirigeant désormais cette prison, ainsi que Rosenthal dont ils partagent de nouveau la chambrée avec, entre autres, un lieutenant belge et un tirailleur sénégalais respectivement férus de poésie grecque et de gravure sur bois. En dépit de son rapprochement aristocratique avec von Rauffenstein, de Boeldieu soutient le nouveau plan d’évasion de Maréchal et Rosenthal, qu’il aide en créant une diversion efficace mais fatale : désolé d’avoir été contraint de l’abattre, von Rauffenstein l’assiste dans son agonie.
La cavale périlleuse de Maréchal et Rosenthal, ralentie par une blessure du second, voit la solidarité des deux hommes s’effriter jusqu’à une quasi-rupture, à laquelle leur camaraderie résiste de justesse. Ils sont finalement recueillis et nourris par Elsa, une paysanne allemande qui a perdu son mari au front et qui vit seule avec sa petite fille Lotte. Tandis que Rosenthal se remet de sa blessure, un sentiment amoureux naît entre Maréchal et Elsa, bientôt consommé pendant une nuit de Noël. Plus tard, avant de repartir, Maréchal promet à Elsa de revenir la chercher après la guerre. Sur le point de passer la frontière suisse, les deux hommes se font à leur tour leurs adieux en prévision de leur retour à leurs unités respectives. Alors qu’ils sont en marche, une patrouille allemande les repère mais cesse rapidement le feu : ils ont passé la frontière.

Martin Goutte