Rhone Alpes

Barbara

Christian Petzold - 2012 - Allemagne -

1h45 – v.o. sous-titrée – format 1,85 /Dolby SRD
avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Rainer Bock, Christina Hecke

Été 1980. Barbara est chirurgienne, spécialisée en pédiatrie. Citoyenne de Berlin-Est soupçonnée de vouloir passer à l’ouest, elle vient d’être mutée par les autorités dans une clinique de province proche de la mer. Tandis que Jörg, son amant ouest-allemand, fomente le plan d’évasion de la jeune femme, elle accomplit consciencieusement son travail, se soumet aux fouilles intrusives de la Stasi et trompe sa surveillance pour se procurer un plan de la côte ou des cigarettes. Elle ne se livre pas et se méfie de tous. Très vite, le médecin-chef de l’hôpital, Andre, admiratif devant ses qualités professionnelles, lui manifeste des signes d’intérêt et d’affection. Barbara peut-elle lui faire confiance ? A qui peut-elle se fier dans ce pays ? Ou même ailleurs ?

« L’Allemagne de l’Est finissante est le cadre idéal d’une irréalité ordinaire, société où tout est théorique, où ne reste que le décor. Rues, couloirs d’hôpital, chemin sous les arbres, tous les lieux que traverse Barbara distillent une atmosphère étouffante, menaçante.

Christian Petzold y fait résonner une vacuité absurde, et aussi la peur que le moindre geste soit vu, dénoncé. Rien ne doit déranger l’ordre immobile, les apparences immuables. »
Frédéric Strauss
Télérama
2 mai 2012

« Le film révèle, par l’acuité tranquille de sa mise en scène, tout ce qu’un mur pourtant situé à des kilomètres du lieu de l’intrigue a pu creuser comme distance entre les êtres. Christian Petzold déplace les enjeux de l’Histoire dans un lieu où l’architecture est dépourvue de tous les signes autoritaires de l’époque. Ne reste alors plus que les personnages pour la faire vivre, par le biais d’une direction d’acteurs qui procède par petites touches et qui révèle progressivement ce que cache le personnage de Barbara. Mais loin de jouer la carte du suspense, Petzold questionne plutôt la dimension paranoïaque de son récit, dévoilant toute la perversité du régime de traque imposé à l’héroïne. N’est-ce pas s’avouer vaincu par le système que de considérer la bonté des autres comme une potentielle menace ? »
Julien Marsa
Critikat.com
1er mai 2012