Rhone Alpes

M le Maudit

Fritz Lang - 1931 - Allemagne

 

1h57 (version restaurée) – Format 1.37

avec Peter Lorre, Ellen Widmann, Inge Landgut, Otto Wernicke


Dans une grande ville allemande, un homme assassine les petites filles. L’opinion publique s’alarme. Une atmosphère de lynchage règne. Malgré ses méthodes scientifiques, la police est en échec. Les rafles sont de plus en plus nombreuses contre la pègre. Le chef de cette dernière décide d’organiser la surveillance des enfants par les mendiants pour trouver le meurtrier. La police, en consultant les registres des hôpitaux psychiatriques, retrouve la trace de Hans Beckert. Celui-ci suit une petite fille dans la rue en sifflotant. Un aveugle reconnaît son sifflement. Le meurtrier est filé par les mendiants, repéré par un M marqué, à la craie, sur son manteau. M se réfugie dans un immeuble de bureaux et se cache dans le grenier. La pègre investit l’immeuble, de nuit, et fouille tous les étages. Un gardien donne l’alarme et les gangsters s’enfuient avec M, en oubliant un des leurs. La police l’interroge et apprend que la pègre détient le meurtrier. Dans une usine abandonnée, un procès s’improvise contre le tueur d’enfants.
Dossier Université Lumière Lyon 2

« Pour moi, il est très important d’atteindre le public le plus vaste possible. Pour la bonne raison que je veux toujours dire quelque chose dans mes films. Lorsque j’ai tourné M, j’étais contre la peine capitale – je le suis toujours –, je ne m’attendais pas pourtant à ce que la peine capitale soit abolies dans tous les pays du monde, dix jours après la sortie de mon film. [...] Lorsque j’ai réalisé Fury mon film sur le lynchage, je ne pouvais pas espérer la disparition du lynchage. Ou alors j’aurais dû devenir politicien. Je ne suis pas un faiseur de miracles. La seule chose que je puisse faire, c’est montrer certaines choses et dire « je pense que ceci est vrai » ou « je pense que cela n’est pas vrai », « regardez les deux choses l’une après l’autre ». Lorsque je présente ce qu’on appelle généralement des films policiers, c’est là une certaine forme de critique de quelques aspects de la vie qui existant en réalité. Cela ne veut pas dire pour autant que j’essaie de donner une formule pour faire cesser ce genre de choses. »
Entretien avec Fritz Lang, dans Cinéma 62 en novembre 1962.
Dossier Université Lumière Lyon 2.

 

« Celui qui n’a pas vu, au moins une fois dans sa vie, le sadique Peter Lorre (…) suivre une petite fille en sifflotant un air du « Peer Gynt » de Grieg, celui-là n’est pas un vrai cinéphile. »
G.J.

L’Express

24 juin 1974

« Dans son premier film sonore, Lang manie le son avec une maestria, une maturité stupéfiante. Il l’utilise très consciemment comme facteur dramatique ; ce n’est jamais un supplément, un élément arbitraire, un après-coup ; le son est contrepoint, complément nécessaire à l’image. Le chevauchement (overlapping, Überlappen) du son – qui atteindra dans Le Testament du Dr Mabuse une intensité jamais forcée parce que évidente et organique – est utilisé de manière parfaitement délibérée [...]. Il accélère le rythme du film, et, paradoxe apparent, ce décalage renforce – au lieu de la rendre confus – le montage, qui devient structure nécessaire. Aucune séquence n’est remplaçable par une autre, le déroulement de l’action ne peut aucunement être modifié. »
Lotte H.Eisner, Fritz Lang, Paris, Gallimard/ Cahiers du cinéma, 1984.
Dossier Université Lumière Lyon 2.

« Une simple vision de ce film marque au fer rouge. Mais une seconde s’impose, pour constater l’extrême robustesse de l’intrigue et la puissance ineffable de la mise en scène. Dire qu’on adore ce film relève de l’euphémisme. »
Romain Le Vem

aVoir-aLire