Rhone Alpes

Nostalgie de la lumière

Patricio Guzmàn - 2010 - France, Chili

 

1h30

Documentaire

 

Au Chili, à trois mille mètres d’altitude, les astronomes venus du monde entier se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. La transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains : ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi, les ossements des prisonniers politiques de la dictature. Tandis que les astronomes scrutent les galaxies les plus éloignées en quête d’une probable vie extraterrestre, au pied des observatoires, des femmes remuent les pierres, à la recherche de leurs parents disparus…

« Le réalisateur regarde le ciel depuis l’immensité du désert chilien.
Que sait-on de l’Univers, de son origine et de sa formation il y a 13,7 milliards d’années ? Beaucoup plus que sur les personnes disparues sous la dictature de Pinochet il y a seulement trente ans. C’est cette contradiction effarante que Patricio Guzman évoque en pointant sa caméra sur le désert d’Atacama, au Chili. Là, dans cette immensité aride propice à l’observation de l’espace et à la momification des corps, des astronomes scrutent le ciel tandis que des femmes de disparus arpentent les étendues à la recherche d’un bout de tibia ou de mâchoire. N’importe quoi qui attesterait la présence d’un des 3 000 “prisonniers” réduits au silence sur ordre du régime. Avec douceur et sensibilité, le réalisateur est allé à la rencontre de ceux qui ont la tête dans les étoiles et qui n’ont jamais vécu cette terrible époque, et de celles qui ont les pieds sur terre et qui ne peuvent plus oublier ces années noires. Ensemble, ils parlent de la mémoire, de sa force et des plaies qu’elle empêche de se refermer. Porté par un regard métaphysique, et malgré quelques longueurs, Nostalgie de la lumière se pose en piqûre de rappel, en vertige cosmogonique et en documentaire très émouvant. Tout ça à la fois, oui. »
Julien Welter
L’Express

26 octobre 2010

«Guzmán, la traversée du désert d’Atacama
Un pays sans documentaire est comme une famille sans album photos», dit le réalisateur Patricio Guzmán, auteur notamment de la Bataille du Chili (1974) et du Cas Pinochet (2001), qui depuis près de quarante ans s’acharne à ne pas laisser de pages blanches dans l’histoire de son pays. Pour Nostalgie de la lumière, il est monté à 3 000 m d’altitude, dans le désert d’Atacama, lieu le plus aride de la planète et rendez-vous des astronomes du monde entier. Ils y trouvent l’observatoire idéal, vierge de toute pollution atmosphérique. Il y a d’abord filmé la lumière : celle du désert, qui donne aux paysages lunaires, aux éboulis et aux parois rocheuses une limpidité qui sidère. Et celle des étoiles que scrutent les télescopes à la recherche des origines de l’univers, avec les galaxies comme des gerbes de traces de l’explosion première. »
René Solis
Libération

27 octobre 2010