Rhone Alpes

Soyez sympas rembobinez

Michel Gondry - 2008 - Etats-Unis

1h42

avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover

À Passaic, dans le New Jersey, Mike est l’employé de « Be Kind Rewind », le vidéo-club d’Elroy Fletcher, son père adoptif. Alors que monsieur Fletcher est parti quelques jours étudier les méthodes de la concurrence, la totalité des cassettes VHS de la boutique est effacée par Jerry, un ami de Mike, qui a été magnétisé en tentant de saboter une centrale électrique. Pour sauver le vidéoclub de la faillite et satisfaire la demande des plus fidèles clients, les deux hommes décident de réaliser eux-mêmes les remakes des films effacés.
Après le succès inattendu de leurs versions de S.O.S. Fantômes et Rush Hour 2, ils tournent film sur film. Parmi leurs reprises, on compte RoboCop, 2001, l’Odyssée de l’espace, Boyz N the Hood, Carrie au bal du diable, et Le Roi lion. Ils deviennent bientôt de véritables vedettes locales et on leur réclame toujours plus de films « suédés » (en anglais, sweded).

« Soyez sympas, rembobinez est peut-être le premier film sur le cinéma vu par la génération YouTube (…). Il porte en lui cet enthousiasme de garnement, le rire de l’enfant qui déballe furieusement ses cadeaux. »
Adrien Gombeaud

Positif

« Une déclaration d’amour au cinéma et à ses origines (…) Une comédie chaleureuse, où le bric-à-brac régressif du cinéaste s’ouvre enfin aux autres sans perdre sa singularité. »
Nicolas Schaller

TéléCinéObs

« Avec Soyez sympa, rembobinez, comédie complètement déjantée, le cinéaste français bascule de la fantaisie théorique acidulée (…) à un burlesque follement original, alliant outrance et finesse, maîtrise et improvisation, avec une maestria à couper le souffle. »
Isabelle Regnier

Le Monde

« J’adore [dans Alphaville de Godard] le fait que tout se passe tout bêtement à Paris et qu’au départ une voix explique qu’il s’agit de la planète Alpha, à des milliers d’années-lumière. Cette annonce fait simplement regarder le Paris d’alors d’une façon totalement autre. Pour cette raison, c’est un des films de science-fiction qui m’a le plus marqué. » (Michel Gondry, propos recueillis par Virginie Apiou, Synopsis n°33, sept.-oct. 2004.)
Dans Soyez sympas…, Gondry montre un univers entièrement enclin à la fabulation, porté par ses capacités de croyance et de réinvention. (…)
Si certains critiques ont souligné que, tout en faisant l’éloge de la bricole et de l’improvisation, Michel Gondry avait conservé à son film une forme plutôt lisse, force est de constater que Soyez sympas, rembobinez se trouve traversé par l’esprit et l’esthétique des films « suédés ». D’abord parce que Gondry s’amuse explicitement des codes d’un cinéma qui est celui que connaissent et aiment les personnages. En témoignent les effets spéciaux sans sophistication lors de l’électrocution de Jerry, ceux de l’épisode de la « pisse contaminée » et le recours à la panoplie sommaire du film d’espionnage ou du film de casse, lors de l’enquête de Fletcher. Ensuite et surtout, par la façon dont l’environnement où évoluent les personnages se trouve transformé en une réalité « suédée » ; il faut d’ailleurs que la forme conserve au film cette lisibilité pour qu’il soit apprécié. On trouvera ainsi sans peine des correspondances entre la reproduction d’effets spéciaux sans effets spéciaux, quand par exemple les guirlandes de Noël figurent des lasers, et la simulation d’un « passage au DVD » sans passage au DVD. L’inadaptation des personnages, qu’ils comblent en faisant les choses à leur façon, fait éclore quantité d’images qui comportent leur charge critique, absurde ou poétique. À partir du moment où Mike et Jerry tournent des films, se propage l’onde de choc de ce débordement créatif qui s’invite dans le quotidien. »
Document pédagogique CNC