Rhone Alpes

La Nuit du Chasseur

Charles Laughton - 1955 - USA

LA NUIT DU CHASSEUR de Charles Laughton
USA  – 1955 – 1h33
Version langue : américain (vost)


Résumé

Un criminel psychopathe, Harry Powell, est emprisonné brièvement pour un délit mineur. Il partage la cellule de Ben Harper, condamné pour vol et meurtre. Celui-ci sera pendu sans avoir révélé la cachette de son butin : après avoir fait juré le silence à ses enfants, il a dissimulé dix mille dollars dans la poupée de sa petite fille. Mais Powell en sait assez et flaire une grosse affaire. Pour justifier l’intérêt qu’il porte aux enfants, John et Pearl, dépositaires du secret paternel, il entreprend de séduire Willa, la veuve de Harper. Fascinée par la défroque de prêcheur fanatique sous laquelle il cache sa véritable personnalité, celle-ci se soumet; mais l’envoyé de Dieu l’assassine peu de temps après leur mariage, d’ailleurs non consommé. Epouvantés par le maniaque qui tente de leur arracher leur secret, les enfants s’enfuient par la rivière, traqués pendant des jours et des nuits par le faux prédicateur. Au bout de l’aventure, ils sont recueillis par Rachel,
une fermière charitable qui a déjà la garde d’une petite troupe d’enfants abandonnés. Après une confrontation avec la vieille femme et une ultime tentative pour s’approprier les dix mille dollars, Powell tombe aux mains de la police, qui récupère le magot. Libérés du poids de leur serment, John et Pearl pourront demeurer chez Rachel.

Critique(s)
The Night of the Hunter est, au même titre que Les Yeux sans visage de Georges Franju, un film fantastique moderne, c’est à dire la transposition d’une réalité moderne en une atmosphère irréelle, une atmosphère de rêve fantastique, servie à cet effet par une photo somptueuse de Stanley Cortez (…).
Film d’une rare intelligence de conception et de construction, La Nuit du Chasseur est l’un des plus beaux films fantastiques qu’il m’ait été donné de voir.
Catherine Salles
Connaissance du Cinéma, n°2
Avril 1962

Telle qu’elle se présente, avec ses images issues de l’Expressionnisme sans en avoir l’alibi chronologique (dues à Stanley Cortez, l’opérateur de La Splendeur des Amberson), La Nuit du Chasseur est le film de l’enfance. Outre Lautréamont, je ne vois que Bellmer (…) ou Michaux (…) pour rendre une atmosphère semblable de sexualité angoissée.
André S. Labarthe
Cahiers du Cinéma n°60
Juin 1956

Si La Nuit du Chasseur laisse une imparable impression de malaise, c’est que tout n’y est qu’apparence. Il est vrai que le film recoupe un certain nombre de “genres”, la variété des lectures ainsi rendues possibles contribuant à épaissir le mystère. Mais derrière la pluralité
des thèmes abordés, une interprétation semble devoir s’imposer, qui met en évidence l’étroite relation rattachant le destin funeste de Powell à la personnalité contradictoire du metteur en scène. C’est du côté de Charles Laughton lui-même, dirait-on, qu’il faut chercher le sens profond de ce poème énigmatique qu’est La Nuit du Chasseur, digne du marquis de Sade ou de Lautréamont. Car il s’agit bien
d’un cri, d’un appel émouvant à la réalisation d’un désir informulable.
Texte extrait de “La Nuit du Chasseur”
par Charles Tatum Jr

Le mérite de ce film déroutant est celui de tous les poèmes inspirés, il sollicite notre interprétation, il n’impose aucune signification.
Dans cette histoire simple et ténébreuse à la fois, il y a une parabole dont on ne saurait nier les prolongements psychologiques, moraux et religieux.
Jean Collet
Télérama
10 Mai 1964