Rhone Alpes

Timbuktu

Abderrahmane Sissako - 2014 - France, Mauritanie

1h37

avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kiki, Abel Jafri

Au Mali, non loin de Tombouctou tombée sous le joug des djihadistes, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des extrémistes religieuux qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour des sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou, un pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois des djihadistes, ces occupants venus d’ailleurs…

 

« Cette réserve, cette froideur apparente font la force de Timbuktu, qui pointe les ridicules sans appuyer, expose sans complaisance ni hystérie les tourments inouïs infligés par les djihadistes : lorsqu’un couple est enterré dans le sable jusqu’au cou pour être lapidé, seul le choc de la première pierre lancée sur la tête de la femme suppliciée est montré, tout autre plan serait de trop, indécent. Pour exalter la résistance à l’oppression, à la cruauté, à la sottise, Sissako a misé sur la dignité, celle que bafouent les djihadistes, celle dont il a fait la pierre de touche de son cinéma. »
Pascal Mérigeau

Le Nouvel Obs

10 décembre 2014

« C’est sans doute cela qui fait retentir Timbuktu bien au-delà du contemporain : parce qu’avant d’y être question de guerre, il y est question de religion, et pas tant de la vie des croyants du XXIe siècle, mais d’une spiritualité suspendue, étrange, inhérente aux lieux, à leur abstraction. L’Afrique contemporaine devient un eden pastoral, où l’on ne brise le blanc silence que pour manger, boire et prier. Les soldats qui la perforent incarnent le jihad, bien sûr, mais plus largement une certaine idée du bruit parasite, du péché de colère. Ce qu’a fait Sissako, ce n’est pas la capture d’un moment contemporain, mais celle d’un mythe éternel : celui du paradis violé. »
Théo Ribeton

Les Inrockuptibles

9 décembre 2014

« Difficile de ne pas se laisser happer par la beauté formelle de Timbuktu. Difficile de ne pas être saisi par l’esprit de résistance des personnages féminins, tous terriblement attachants. Difficile, en somme, d’oublier Timbuktu. »
Ariane Allard

Positif